« Je mange équilibré… alors pourquoi je n’arrive pas à perdre du poids ? »
- virginie sauvage
- il y a 3 jours
- 4 min de lecture

Quand « bien manger » ne suffit plus
« Pourtant, je mange équilibré… »
C’est une phrase que j’entends très souvent en consultation.
Et elle est presque toujours accompagnée d’incompréhension, de découragement, parfois même de honte.
Les personnes concernées ont souvent des connaissances en nutrition.
Elles font attention à ce qu’elles mangent, essaient de “bien faire”, évitent certains aliments…
Et pourtant, le poids ne baisse pas.
Ou il baisse un peu, puis remonte.
Ou il stagne, malgré les efforts.
À côté de cela, il y a souvent :
- des grignotages réguliers
- des compulsions alimentaires
- parfois des épisodes d’hyperphagie
- et une culpabilité de plus en plus présente

Ce que je souhaite expliquer ici, c’est que ce n’est ni un manque de volonté, ni un échec personnel.
Et que, bien souvent, le problème n’est pas là où on pense.
1. « Manger équilibré » : une notion parfois trompeuse
Manger équilibré est une notion que l’on croit simple…
mais qui est en réalité très subjective.
Pour certaines personnes, manger équilibré signifie :
manger des légumes
éviter les produits gras ou sucrés
contrôler les portions
“faire attention”
Or, l’équilibre alimentaire ne se résume pas :
à la qualité des aliments
ni à une liste de “bons” et de “mauvais” choix
Il inclut aussi :
les quantités réellement consommées
la régularité des repas
la sensation de faim et de satiété
le plaisir alimentaire
l’absence de restriction excessive (consciente ou non)
Il arrive très souvent que l’alimentation paraisse équilibrée sur le papier,
mais qu’en pratique :
certains besoins ne soient pas couverts
le corps soit régulièrement en manque
des compensations apparaissent plus tard dans la journée
Le corps ne se trompe pas.
Quand quelque chose ne lui convient pas, il finit toujours par s’exprimer.
2. Grignotage, compulsion, hyperphagie : ce n’est pas la même chose
On utilise souvent ces termes de manière interchangeable,
pourtant ils recouvrent des réalités très différentes.
Le grignotage
Il est souvent :
automatique
lié à une habitude, à l’ennui, à un moment de la journée
parfois déclenché par la fatigue ou le stress

Il n’est pas forcément problématique en soi,
mais lorsqu’il devient fréquent et non conscient,
il peut contribuer à un déséquilibre progressif.
La compulsion alimentaire

La compulsion est différente :
il y a une perte de contrôle
une tension avant de manger
un soulagement pendant
puis de la culpabilité, voire du dégoût après
La compulsion n’est pas un manque de volonté.
C’est une réponse du corps et du cerveau à une surcharge (physique, mentale ou émotionnelle).
L’hyperphagie
L’hyperphagie se caractérise par :
des quantités importantes
mangées rapidement
souvent sans faim
avec une grande souffrance psychologique associée
Ces comportements ont tous une fonction.
Ils ne sont jamais là “sans raison”.
3. D’où viennent ces comportements alimentaires ?
Contrairement à ce que l’on pense,
les grignotages et compulsions ne sont pas toujours d’origine émotionnelle.
Ils peuvent être liés à :
une restriction alimentaire passée ou actuelle
un manque de régularité dans les repas
une fatigue chronique
une charge mentale élevée
du stress prolongé
des besoins physiologiques non couverts
des automatismes installés depuis longtemps
Les émotions peuvent jouer un rôle, bien sûr,
mais elles ne sont qu’un facteur parmi d’autres.
Réduire ces comportements à “je mange mes émotions” est souvent trop simpliste…
et rarement aidant.
4. Pourquoi ces comportements freinent la perte de poids
Pris isolément, un grignotage ou une compulsion peut sembler anodin.
Mais lorsqu’ils se répètent :
ils augmentent les apports de manière invisible
ils perturbent les sensations alimentaires
ils entretiennent un cercle culpabilité → contrôle → perte de contrôle
À long terme, cela peut entraîner :
une prise de poids non souhaitée
une grande fatigue mentale
une perte de confiance en soi
un sentiment d’échec permanent
Ce n’est pas le manque de motivation qui empêche d’avancer,
mais le fait de lutter contre soi-même.
5. Mon approche : comprendre avant de vouloir corriger
Mon travail, en tant que diététicienne nutritionniste spécialisée en comportement alimentaire,
n’est pas de dire :
“Il faut manger mieux”
“Il suffit de faire attention”
Mon rôle est d’abord de comprendre ce qui se passe réellement.
Lors du bilan
Nous prenons le temps :
d’analyser l’alimentation dans sa globalité
de distinguer le physiologique du comportemental
d’identifier les mécanismes en jeu
de mettre des mots sur des vécus souvent banalisés ou culpabilisés
Ensuite, dans l’accompagnement
Parce que ces comportements ne se règlent pas en une séance,
l’accompagnement dans le temps permet :
d’apaiser la relation à la nourriture
de réduire progressivement les grignotages et compulsions
de sortir du contrôle permanent
de retrouver une alimentation plus sereine et adaptée
L’objectif n’est pas la perfection alimentaire,
mais une relation à la nourriture plus stable, plus apaisée et durable.
Conclusion – Vous n’êtes pas défaillante, vous êtes humaine
Si vous vous reconnaissez dans cet article,
cela ne signifie pas que vous faites mal les choses.
Cela signifie que :
votre corps essaie de s’adapter
vos comportements alimentaires ont une logique
et qu’ils méritent d’être compris, pas combattus
Les grignotages, compulsions et épisodes d’hyperphagie ne sont pas une fatalité.
Avec un accompagnement adapté, il est possible d’en sortir progressivement
et de retrouver une relation plus sereine à l’alimentation et à son corps.
Pour aller plus loin
Si ce que vous venez de lire résonne pour vous,
je propose des accompagnements nutritionnels et comportementaux
pensés pour comprendre et apaiser ces difficultés dans la durée.
Vous pouvez retrouver les informations sur mes accompagnements.





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