Manger ses émotions : sur quoi travaille-t-on avec sa diététicienne ?
- virginie sauvage
- 23 nov. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 déc. 2025

Dans les moments de stress, d’ennui, de solitude ou même d’excitation, beaucoup d’entre nous se tournent vers la nourriture pour se réconforter.Ce phénomène, qu’on appelle l’alimentation émotionnelle, n’a rien d’une faiblesse : c’est une stratégie d’adaptation humaine et très fréquente.
Mais quand cette relation à l’alimentation devient pesante, culpabilisante ou ingérable, travailler avec une diététicienne formée à l’approche psycho-comportementale peut faire une énorme différence.
Alors… qu’est-ce qu’on travaille concrètement en consultation ?
1. Comprendre pourquoi on mange
La première étape n’est jamais de « supprimer » les grignotages émotionnels.Au contraire, on cherche à comprendre :
Quelles émotions déclenchent l’envie de manger ?
Qu’est-ce qui se passe dans le corps ? Dans la tête ?
Depuis quand est-ce que ça dure ?
Quels moments de la journée sont les plus difficiles ?
Quel rôle joue la nourriture dans la gestion du stress ?
Cette exploration permet de sortir de la culpabilité et de passer dans une démarche de connaissance de soi.
2. Apprendre à identifier les émotions (et à les accueillir)
Beaucoup de personnes mangent leurs émotions… parce qu’elles n’ont pas appris à les reconnaître ou à les exprimer autrement.
Avec une diététicienne formée en nutrition comportementale, on peut travailler sur :
mettre des mots sur ce qu’on ressent,
distinguer faim physique et faim émotionnelle,
comprendre comment les émotions influencent l’appétit,
accepter qu’une émotion n’est pas un danger mais un signal.
👉 L’objectif n’est pas de contrôler les émotions, mais de les comprendre et naviguer avec elles.
3. Revenir aux sensations alimentaires
Quand on mange sous l’effet de l’émotion, on perd souvent le contact avec ses sensations corporelles :
faim,
satiété,
envie réelle,
satisfaction alimentaire.
On réapprend donc progressivement à :
repérer la vraie faim,
sentir quand le corps a assez,
choisir des aliments qui apportent plaisir et apaisement,
rompre avec les restrictions qui aggravent les compulsions.
👉 C’est ici que l’approche diététique se distingue : on reconnecte le corps et l’alimentation.
4. Travailler le discours interne et la culpabilité
Beaucoup de personnes qui mangent leurs émotions vivent avec un dialogue interne très négatif :
« J’ai encore craqué. »
« Je n’ai aucune volonté. »
« Je n’y arriverai jamais. »
Une diététicienne travaille alors sur :
la déculpabilisation,
l’auto-bienveillance,
la logique du “tout ou rien”,
les pensées automatiques qui sabotent les efforts.
Ce travail psychonutritionnel est essentiel pour éviter les cycles :émotion → alimentation → culpabilité → nouvelle émotion → re-alimentation.
5. Trouver des alternatives pour réguler les émotions
Parce que si la nourriture a pris une place émotionnelle importante, c’est qu’elle a longtemps été la seule stratégie disponible.
Avec la diététicienne, on peut explorer des alternatives adaptées à chaque personne :
rituels d’apaisement,
respiration,
mouvement,
routines de pause,
moyens d’exprimer l’émotion autrement,
techniques d’auto-régulation.
L’idée n’est pas d’interdire la nourriture comme réconfort, mais d’élargir la palette des options.
6. Avancer vers une relation plus sereine avec la nourriture
Le but final n’est pas de ne “plus jamais manger pour se réconforter” , c’est impossible et même pas souhaitable.La vraie réussite, c’est :
retrouver une relation apaisée à l’alimentation,
choisir plutôt que subir,
ne plus se laisser envahir par les compulsions,
écouter son corps autant que ses émotions.
👉 On vise la liberté alimentaire, pas le contrôle permanent.
💛 En conclusion
Travailler avec une diététicienne quand on mange ses émotions, c’est avant tout apprendre à mieux se connaître, à comprendre ses besoins, à apaiser la culpabilité, et à reconstruire une relation équilibrée et bienveillante avec l’alimentation.
Ce n’est pas un travail sur les “régimes” , c’est un travail sur soi, sur ses ressentis, sur ses habitudes.Et c’est souvent le début d’un changement profond et durable.





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